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« Pas de pitié pour les gueux » !
Le billet de Grégor Chapelle de novembre 2007

Un jeudi comme un autre. Des rendez-vous toute l’après-midi. Et comme chaque semaine, les mêmes demandes, lancinantes. De ces témoignages qui contredisent à chaque fois les affirmations confortables des privilégiés de droite. Car il y a les constructions idéologiques d’une droite au service de la domination et puis il y a les faits, la réalité quotidienne de tous ces gens qui viennent me voir en espérant que « Echevin de l’emploi » signifie « Echevin qui a de l’emploi à proposer ». Que dit la droite ? Pardon, que fait la droite ? Elle répond au problème du chômage par l’immigration économique, « l’immigration choisie ». C’est dans l’accord du gouvernement fédéral en (dé)construction. Il faut le dire : il s’agit d’une régression sociale détestable.
1) Elle vide les pays qui en ont besoin de leurs forces vives.
2) Elle augmente encore la pression sur les travailleurs (et sur leurs salaires) en généralisant la concurrence entre eux : le belge « d’origine » sans expérience contre le candidat à l’immigration aux diplômes non reconnus mais motivés comme personne pour accéder au « rêve européen ».
3) Surtout, et c’est le pire, elle participe à cette idéologie de l’invention de « l’assistanat » qui veut nous faire croire que les demandeurs d’emploi belges ou bruxellois ne veulent pas travailler.
Il s’agit d’un mensonge éhonté. Chaque semaine, je reçois des gens en pleurs dans mon bureau car ils veulent travailler. Oui en pleurs. Ils me montrent les piles de CV envoyés mais restés sans réponse. Et ils me montrent les séries de réponses négatives. Ils ne peuvent plus vivre avec 800 euros par mois (et 350 euros qui filent déjà dans leur logement à la limite de la salubrité). Ils ne peuvent plus vivre non plus avec ce sentiment d’inutilité. Ils veulent travailler. Ces témoignages ne vous convainquent pas ? Vous voulez des chiffres ? En voici : en mai dernier, nous avons organisé – avec l’aide entre autres des missions locales mais aussi de la FGTB et de la CSC - un « job day forest » spécial ouvriers. Il y avait 600 offres d’emploi disponibles (et pas 14 000 comme le serine la Fedis). 1000 demandeurs d’emploi sont venus après avoir passé l’étape de la préparation à l’entretien d’embauche. Des gens motivés. Un petit échantillon des 90 000 demandeurs d’emploi que compte officiellement Bruxelles. 250 sont rentrés dans un processus d’emploi. 50 ont obtenu un travail. Tous les spécialistes des bourses de l’emploi me disent que c’est beaucoup. Ah bon. Moi je vois les 950 autres. J’entends le patronat demander de l’immigration économique. Et je vois le futur gouvernement fédéral s’exécuter.
« Désormais, tu demanderas à chaque idée : d’où viens-tu ? Et à chaque institution : qui sers-tu ? » Bertolt Brecht
Grégor Chapelle
* Le titre de ce billet provient de l'ouvrage "Pas de pitié pour les gueux - Sur les théories économiques du chômage", de Laurent Cordonnier, publié chez Liber/Raison d'agir, 2000
2, rue du Curé
1190 Bruxelles


STOP aux critiques
Que fait la Gauche? Votre mémoire est courte... Qui était au gouvernement lorsqu'on a voté la chasse aux chômeurs, qui était au gouvernement lorsque 3000 enseignants ont perdu leur emploi, qui était au gouvernement lorsqu'on a décidé d'augmenter les allocs aux gens qui côtisaient le moins ....Concernant l'immigration, qui était au gouvernement lorsqu'on enfermait des enfants dans des centres...Qui vous garantit que le ps n'aurait pas accepté cette loi? Car dans l'opposition, il facile de critiquer mais qu'a fait le ps quand il était au gouvernement. Il a accepté de gouverner avec la droite et de faire des concessions. Ne critiquez pas la droite pour l'immigration choisie, car dans certains pays européens où la gauche progressiste gouverne, il y a une application de cette loi. Pour votre point 2, cela existe et donc il faut une loi pour arrêter les hypocrisies. Personne ici ne parle de l'assistanat même si certains profitent du système. Quand le PS était au pouvoir, il ne se rendait pas compte que certaines personnes vivaient avec 800 euros par mois ou bien ils n'avait pas le temps de s'en occuper. Comme vous le ditez si bien, c'était un job day ouvrier. Soyez intellectuellement honnête pour reconnaître que certains emplois s'ouffrent de pénurie et donc il faut bien réagir. N'oubliez pas qu'apès la seconde guerre mondiale, il y a eu également une pénurie d'emploi, on a également fait appel aux candidats immigrés. L'histoire est simplement un cycle qui un jour revient à la lumière.
Au lieu d'attaquer pour le plaisir, prenez le temps de réflechir.